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Des enfants disent non à la violence !

5 juin 2009 | Publié dans la catégorie : Articles

Plus de 200 enfants du quartier défavorisé Simon Pelé, près de Cité Soleil, ont participé, ce jeudi 4 juin, à une marche pacifique. Organisée par la Section de la Réduction de la Violence Communautaire (RVC) de la MINUSTAH en collaboration avec le Club des enfants pour l’avenir d’Haïti (CLEAH), l’initiative visait à donner la parole aux enfants. En retour, ceux-ci devront sensibiliser les membres de leur communauté sur les agressions dont ils font souvent l’objet.


galeriePartis de l’école Notre Dame du Mont Carmelle, les enfants ont parcouru les deux principales artères du quartier Simon Pelé. Tous étaient vêtus d’un maillot bleu sur lequel est écrit : « Wout devlopman pa danse kole ak vyolans/ le développement ne peut pas se faire dans la violence ».

Sur les écriteaux qu’ils brandissaient, l’on pouvait aussi lire : Ban nou plas nou nan sosyete a /donnez nous notre place dans la société ; Pa fè timoun soufri/ne faites pas souffrir les enfants ; Ankadre nou pou yon lòt Ayiti / encadrons les enfants pour une autre Haïti.

D’un enfant à un autre, les messages des enfants diffèrent, mais tous tendent vers un meilleur traitement de cette frange de la population. Ainsi, Junia, 13 ans, n’aimerait pas qu’on viole les enfants. Brunel, 11 ans, souhaite qu’on ne maltraite pas les enfants. Chilove, 8 ans, quant à elle, aimerait juste pouvoir aller à l’école.

Sur le parcours de la manifestation, nombre de vendeuses de friandises. Parmi elles, Fonia dont les enfants participent à la marche. Fonia pense que c’est une très bonne initiative et aimerait que le cri des enfants arrive aux oreilles des responsables. «Le fait que mes enfants ne mangent pas à leur faim et qu’ils ratent l’année scolaire parce que je ne peux pas payer leurs études, est aussi une forme de violence», témoigne cette mère de famille.

Quelques jours avant la marche, les responsables du CLEAH, une organisation qui travaille pour faciliter aux enfants l’accès à l’école, avait fait le tour des institutions scolaires de la zone. Son objectif : inviter les enfants à produire leurs doléances. CLEAH a aussi ciblé les enfants non scolarisés qui devaient représenter la moitié des participants à la marche.

A l’instar d’autres pays du monde,  les enfants sont victimes de toute sorte d’agressions qui vont de la pauvreté à la malnutrition en passant par la maltraitance en Haïti. Aussi, le 19 août 1992, les Nations Unies ont choisi la date du 4 juin pour souligner les agressions diverses que vivent des milliers d’enfants à travers le monde.

Cette marche a vu la participation de plusieurs responsables de l’Institution du Bien Etre Social et de Recherche (IBESR). Perono Junior Pair,  de ladite institution, a placé cette marche dans le cadre d’une quinzaine dédiée aux enfants, qui doit culminer le 14 juin avec la journée nationale de l’Enfant.

L’initiative entre dans le cadre des activités réalisées en Haïti pour commémorer la journée internationale des enfants victimes innocentes de l’agression. Au programme est également prévu un forum avec les maires pour les sensibiliser sur la protection des enfants dans leur localité. Cette activité a été réalisée avec le support de l’Unité Protection de l’Enfant de la MINUSTAH.

Ces dernières années, le gouvernement haïtien s’est particulièrement penché sur les problèmes des enfants, élargissant le cadre normatif visant leur protection. Au nombre des textes de loi figurent une loi sur la punition corporelle (juin 2001) et une autre sur la domesticité (mai 2003).

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