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Pour une Haïti verte

6 juin 2009 | Publié dans la catégorie : Articles

La coupe excessive de bois a conduit à la déforestation quasi-totale d’Haïti, ramenant la couverture végétale à moins de 2 %. Et pour aider à faire face à cette situation qui va s’aggravant, des acteurs publics et de la société civile ainsi que la MINUSTAH ont entrepris des activités de reboisement.

galerie«Un arbre, c’est un point d’interaction entre différentes ressources. A travers ses racines, il retient le sol. Il joue aussi un rôle important dans la  régulation du cycle de l’eau. C’est enfin un élément qui sert d’abri à la flore et à la faune. Bref c’est un élément régulateur des autres ressources naturelles que sont la terre, l’eau, l’air, la flore et la faune», signale le directeur adjoint à la promotion des Ressources pour le développement durable du Ministère de l’environnement, l’agronome Dimitri Norris.

Mais l’abattage systématique des arbres contribue à «détruire l’équilibre de l’écosystème ». De l’avis du chargé des Relations publiques à la Fondation Seguin, Richard Cantave, « c’est un désastre, une épée de Damoclès qui est sur notre tête et qui risque d’avoir des conséquences sociales, politiques et économiques désastreuses et à court terme ». Une situation qui fait de la lutte contre la déforestation une priorité.

Les casques bleus s’y impliquent !

Comme contribution à cette urgence environnementale, les casques bleus de la MINUSTAH organisent de temps à autres des campagnes de reboisement dans les régions où ils sont déployés.

Aussi, dans la localité de Madras, une section communale de Caracol (Nord-Est) a été créé un nouvel espace vert d’une superficie de 12 hectares. Ce projet qui a vu le jour à l’instigation du Groupe d’Actions pour le Développement durable du Nord-Est (GADDNE), a été financé par la MINUSTAH à hauteur de 13.000 dollars américains, via sa Section des Affaires civiles.

En outre, les casques bleus du contingent brésilien ont initié une campagne de reboisement dans plusieurs quartiers défavorisés de la région métropolitaine, dont Cité Soleil et Fort National. Une initiative qui vise non seulement à participer aux efforts déployés pour augmenter la couverture végétale dans le pays mais aussi à sensibiliser les résidents de ces zones sur l’importance de l’écologie et leur enseigner comment protéger l’environnement.

Par ailleurs, depuis fin janvier, plusieurs contingents de la MINUSTAH sont impliqués dans une campagne. En effet, plus d’un millier d’arbres ont été plantés dans le cadre de cette campagne de reboisement. A des endroits où régnaient des mauvaises herbes, vont pousser désormais cèdres, chênes, manguiers, citronniers, orangers, amandiers, avocatiers et autres arbres.

Cette campagne associe des enfants à travers les écoles, les orphelinats ou autres institutions travaillant avec les jeunes. Elle est réalisée en partenariat avec les directions des institutions concernées et a pour objectif d’«inculquer le plus tôt possible à ces jeunes une conscience écologique ».

Une initiative que le chargé de la protection et la restauration des sols au Ministère de l’Agriculture, l’agronome Donald Joseph, juge opportune. «Il est bien de ne pas attendre que les enfants soient déjà pétries dans de mauvaises habitudes avant de les éduquer. Au contraire, l’éducation environnementale devrait se faire dans les manuels scolaires », fait-il remarquer.

Quant au Major Luis Garcia qui coordonne les activités dans le cadre de cette campagne de reboisement, il abonde dans le même sens. « Si nous arrivons à conscientiser les élèves, les professeurs et autres responsables d’établissements sur la nécessité de planter des arbres et d’en prendre soin, ils auront une meilleure conscience de la protection de l’environnement », souligne le responsable militaire.

Ces activités de reboisement sont précédées de séances théoriques de sensibilisation. A titre d’exemple, le 15 janvier, à la tête d’une délégation, le chargé d’actions humanitaires du Bataillon népalais II, le Major Jitendra Thapa, était à « Haïti Christian Orphanage » pour entretenir les pensionnaires de l’importance de reboiser le pays avant d’aller sur le terrain avec eux quelques jours plus tard.

La campagne a été supportée par le Ministère de l’Agriculture et l’organisation à caractère philanthropique Double Harvest qui avaient mis les plantules à disposition de la MINUSTAH.

Mais, cette ONG, à l’instar d’autres organisations de la société civile, s’implique directement dans le reboisement. Hormis des campagnes à travers des écoles, elle produit et distribue chaque année près d’un million de plantules et arbustes aux institutions qui veulent réaliser des campagnes de reboisement.

Double Harvest a récemment lancé un concours de reboisement dans plusieurs villages de la Croix-des-Bouquets. Cette initiative, selon l’administrateur général de l’institution, Frantz Angus, vise à encourager les populations de ces zones à avoir une meilleure relation avec leur environnement.

Pétion-Ville verte, un bel exemple de reboisement !

Autre institution s’engageant dans le reboisement est la mairie de Pétion-Ville, à l’Est de Port-au-Prince. En effet, pour faire face à la dégradation de l’environnement de cette commune, la municipalité a créé, depuis l’année dernière, une pépinière municipale.

Cette pépinière, dont les plantules s’étalent à perte de vue, est aménagée sur un terrain d’une superficie de 18 hectares. Et plus de 30.000 plantules sont déjà disponibles, parmi elles, des manguiers, corossoliers, avocatiers, abricotiers,  quenettiers, arbres à pain, palmiers, pamplemoussiers et caféiers.

La municipalité a déjà entrepris la mise en terre de plantules au niveau de la ville. D’autres opérations de plus grandes envergures devront suivre particulièrement dans les zones de Thomassin, Au Cadet, Duvivier, Bellevue Charbonnière et Tèt Jalouzi. En outre, dans les écoles, des séances de formation et de sensibilisation sont organisées pour pouvoir impliquer les élèves dans les activités de reboisement.

Pour empêcher l’abattage systématique des arbres, la mairie a déployé des gardes forestiers, renseigne l’agronome Jean Bernard Dumersaint. La coupe d’un arbre est non seulement soumise à une autorisation préalable mais elle doit aussi s’accompagner de la mise en terre de 10 nouvelles plantules. Les agents forestiers doivent s’assurer que les arbres sont effectivement plantés.

Protéger l’environnement !

L’Etat haïtien n’est pas en reste dans les efforts déployés pour donner au pays un meilleure couverture végétale. En effet, si l’on s’en tient aux diverses déclarations du gouvernement, la protection de l’environnement fait partie de ses priorités. D’ailleurs, beaucoup de textes, dans ce domaine, ont été adoptés. Selon le «Document de Stratégie nationale pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté », les questions de l’environnement s’intègrent à la politique générale de réduction de la pauvreté.

De plus, pour assurer la protection des forets, le Ministère de l’Environnement a formé des agents forestiers. Aussi, le 16 mars 2007, une cérémonie organisée au parc La Visite consacrait la fin de la formation d’une trentaine d’agents. Ils représentaient le noyau du Corps de Surveillance de l’Environnement.

En ce qui a trait aux constructions anarchiques, le Ministère de l’Environnement entend arrêter leur progression au niveau du Morne l’hôpital, a révélé le directeur départemental de l’Ouest, Ludner Remarais. Une pancarte rappelle d’ailleurs l’interdiction de la construction dans certaines aires, même si les mesures n’ont pas encore eu d’effets.

Pour un meilleur comportement vis-à-vis de l’environnement

Nombreuses sont institutions de la société civile qui s’engagent dans la sensibilisation sur l’environnement. A titre d’exemple, quelque 3.000 élèves provenant d’une dizaine d’écoles, à l’appel du Collège de Côte Plage, un établissement scolaire privé, ont marché dans les rues de Carrefour, (Sud de Port-au-Prince), le 12 mai 2009. Une marche qui vise à attirer l’attention sur la dégradation continue de l’environnement en Haïti, particulièrement dans cette commune, et conscientiser les élèves sur leur engagement vis-à-vis de l’environnement.

Elles sont aussi nombreuses les ONG qui s’impliquent dans la protection de l’environnement. Aussi, pour porter les gens, notamment les jeunes, à s’intéresser à la protection de l’environnement, la Fondation Seguin organise souvent des activités de sensibilisation. Elle est aidée, dans cette démarche, par certaines institutions du secteur privé.

Des activités visant à «éduquer les jeunes et les adultes sur l’importance de leur relation avec l’environnement» sont organisées par Wynne Farm, une réserve de 12.000 hectares située à 1300 mètres d’altitude dans la commune de Kenscoff  (Ouest de Port-au-Prince). Parmi ses activités figurent entre autres des causeries et ateliers pratiques portant sur la situation « catastrophique » de l’environnement en Haïti, qualifiée de « génocide à effets retardés », les causes du déboisement et ses conséquences néfastes.  Les interventions de Wynn Farm concernent aussi la mise en garde contre certaines pratiques culturales funestes pour l’environnement.

Quant à la MINUSTAH, elle réalise régulièrement dans les centres multimédias à travers le pays, des ateliers de travail, des conférences-débats suivies de projection de films sur l’environnement. Dans le cadre de son projet « Jwèt pou ou », la MINUSTAH forme des moniteurs sur l’environnement. Ces derniers vont à leur tour animer des activités de plaidoyer et sensibilisation sur la protection de l’environnement dans leurs différentes localités.

Comme on le voit,  la protection de l’environnement mobilise nombre d’acteurs. Une mobilisation à la mesure de l’urgence de la question en Haïti.

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Un commentaire sur “Pour une Haïti verte”

  1. Geffrard Nickson dit :

    L’education est l’élément clef de tout changement, une bonne education se fait à la base,c’est a dire dès son plus jeune âge, avant que son esprit soit rempli de futulité.
    Le changement de comportement ne se fait dans un clin d’oeil ni par média avec une population non eduquée. L’homme a besoin de
    retrouver sa relation avec la nature, pour la retrouver il doit eduquer. c’est comme si nous étions au moyen age avec les comportement d’animaux les gens jettent des détritus n’importe ou dans la rue. Je pense que si on veut lutter contre la polution,contre la dégradation de l’environnement il faudrait mettre des infrastructures dans les milieux ruraux pour empecher les gens de se deplacer vers les villes en quête du mieux être, former les adultes sur l’hygiène, intervion dans les écoles du milieu rural, et ainsi je parle du milieu raral haitien je ne veux pas parler seulement de l’air métropolitaine, l’un des plus grands problèmes en Haiti c’est la centralisation. Quand les rèlges d’hygiène ne sont pas respectées les conséquences ne sont autres que la polution,la dégradation de l’environnement.
    Les causes du déboisement sont multiples et les conséquences sont néfastes.

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