Lancement du 1er atelier sur l’exclusion sociale en Haïti
25 juin 2009 | Publié dans la catégorie : ArticlesDu 24 au 26 juin, se déroule à Port-au-Prince le premier atelier sur l’Exclusion sociale en Haïti. Organisé par l’Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale (ONPES), cet atelier réunit différents acteurs du Gouvernement et de la Société civile en vue de réfléchir sur ce phénomène auquel fait face la société haïtienne.

La cérémonie officielle d’ouverture de cet atelier a vu la présence de hauts responsables de l’Etat haïtien, dont le Premier ministre Michèle Duvivier Pierre-Louis, le ministre de la Planification et de la Coopération externe, Jean-Max Bellerive.
Des membres de la société civile, des représentants de partis politiques, des responsables d’organismes de l’Etat travaillant dans le social ainsi que des membres d’associations et d’Organisations Non Gouvernementales (ONG) étaient également présents au lancement de ces trois jours de réflexion.
« Il s’agit d’un thème délicat qui est abordé pour la première fois dans le cadre d’un atelier en Haïti et qui permettra un questionnement réel des rapports sociaux prévalant dans le pays », a déclaré Jean Robert Simonise, coordonateur de l’atelier, lors de la mise en contexte de l’activité.
Le but principal de cet atelier est de parvenir à dégager des pistes de solutions concrètes qui permettront de lutter contre ce phénomène « mortifère » prévalant dans la société haïtienne. Un phénomène qui se manifeste dans différents domaines.
A titre d’exemples, l’offre scolaire est inadéquate à tous les niveaux d’enseignement en Haïti. Et en milieu rural, la situation est plus critique. Quelque 23 sections communales n’ont aucune école et 145 n’ont pas d’écoles publiques. Selon des données publiées en 2004 par l’Institut haïtien de Statistiques et d’Informatique (IHSI), au niveau primaire, la population d’enfants âgés de 6 à 12 ans non scolarisés s’élève à 558.163, soit 37,7% de la population scolarisable. Et 463.163 d’entre eux vivent en milieu rural.
Autre indice de l’exclusion est l’extrême pauvreté frappant la majorité de la population. Quelque 60% d’entre elle subsistent avec moins de US$ 1 par jour. Quant aux paysans, leurs conditions de vie ne cessent de s’aggraver.
De même, des 62,5% de la population du pays qui sont dispersés à travers le milieu rural, 35% souffrent de malnutrition. Parmi elle, 23% en souffrent de manière chronique. Certains groupes de la population, à savoir les femmes, les enfants, les personnes handicapées et les personnes âgées sont très vulnérables. Seulement 3% de la population bénéficient d’un régime d’assurance sociale.
Proposer des pistes de solutions
« Cet atelier est l’occasion de montrer au monde entier que les Haïtiens sont capables de réfléchir sur de propositions réalistes dans leur démarche de construction d’une société plus juste », a poursuivi M Simonise. Les solutions formulées seront soumises au Gouvernement haïtien sous forme de propositions de politiques.
Le Premier Ministre, Michèle Duvivier Pierre-Louis a ainsi affirmé que son gouvernement se fera le devoir de considérer comme prioritaires les propositions sorties de cet atelier. « Il nous faut briser la spirale de l’exclusion qui détruit la vie et les rêves de tant d’Haïtiens. Il nous faut montrer que notre pays n’est pas un ensemble de statistiques calamiteuses, qu’il n’est pas une honte régionale. Une nouvelle page de notre histoire commence aujourd’hui, une histoire qui met en valeur les vertus du peuple haïtien et dont nos enfants seront fiers », a lancé Mme Pierre-Louis.
Pour faciliter la réflexion autour de la problématique de l’exclusion sociale en Haïti, six thématiques ont été retenues : l’école, lieu de mixité sociale ; la sécurité sociale : moderniser pour intégrer ; le monde rural et la production ; le crédit pour produire ; l’emploi durable et les revenus décents et enfin la fiscalité pour corriger les inégalités extrêmes.
Chacun de ces thèmes fera l’objet d’exposés animés par des spécialistes, mais aussi de débats en ateliers. «Nous avons choisi ces problématiques parce que nous pensons qu’il y a urgence dans ces différents domaines. L’offre scolaire est inadéquate ; Haïti arrive à peine à nourrir sa population ; la situation de la sécurité sociale est intolérable. Autant d’exemples qui témoignent de l’importance des paramètres de réflexion retenus à cet atelier », a expliqué Jean-Robert Simonise.
L’organisation de ce premier atelier sur l’exclusion sociale en Haïti bénéficie du soutien de l’Ambassade du Canada en Haïti. Aussi, Gilles Rivard, l’ambassadeur du Canada en en poste dans le pays, a-t-il rappelé dans ses propos de circonstance, combien il est important pour son pays d’aider Haïti à créer des conditions socio-économiques qui favorisent l’égalité et la justice sociale si nécessaires au bon fonctionnement d’une société.
Le lancement de cet atelier a aussi vu la participation de l’écrivain haïtien de renommée internationale, Frank Etienne. Invité à prononcer le discours d’ouverture de l’atelier, l’écrivain a surtout lancé un vibrant message à ses compatriotes, rappelant les méfaits de ce fléau dans le pays et exhortant toutes les composantes de la société haïtienne à faire l’effort de rompre avec les préjugés tenaces et de s’ouvrir à la lumière du développement et du progrès auxquels aspirent tous les peuples de la terre.
Pages: 1 2






