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« Espèce contre travail » : de l’emploi et de la dignité pour les Haïtiens

8 février 2010 | Publié dans la catégorie : Articles

Des décombres,  des milliers de  sans-abris, des centaines de milliers de morts, tel  est le chaos causé par le séisme du 12 janvier dernier. Pourtant, au milieu de cette catastrophe, la population haïtienne essaie de reconstruire sa vie. Et la communauté internationale participe à cet effort. Le projet du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) « Espèces contre travail » est au nombre de ces initiatives qui redonnent espoir à une population fortement éprouvée.

galerie Vêtus de leur t-shirt bleu et armés de leur râteau, balais, ou transportant des gravats dans des brouettes, les travailleurs du projet « Espèces contre travail » sont visibles dans plusieurs quartiers de la capitale. Ils sont pour la plupart des gens qui ont perdu des proches. Certains ont eu leur maison détruite ou n’ont plus d’emplois.

Le travail consiste au déblaiement des décombres, au tri de matériaux recyclables et au nettoyage de rues de plusieurs quartiers de la capitale affectés par le tremblement de terre comme Bel AIR, Carrefour et Martissant. Il se réalise aussi dans certaines villes de province telles Léogane, Grand-Goave et Petit-Goave. La ville de Jacmel, fortement atteinte, devra bientôt profiter également de ce projet.

« Il est important de rendre les quartiers affectés par le séisme accessibles au plus vite pour la distribution de l’aide humanitaire. C’est un des objectifs de ce projet », a indiqué le porte-parole du PNUD en Haïti, Adam Rogers.

« Espèce contre travail » se veut également être un moyen de permettre à des familles d’avoir un certain pouvoir d’achat grâce aux milliers d’emplois qu’il doit générer. Depuis sa mise en œuvre, le 20 janvier dernier, 35. 000 travailleurs ont été recrutés. Leur salaire journalier s’élève à 184 gourdes.

Autre aspect à prendre en compte, précise M. Rogers, « est le fait que les Haïtiens doivent participer eux-mêmes, au premier plan, à la reconstruction de leur pays. Ce projet leur donne cette opportunité en même temps qu’il leur redonne leur dignité en leur permettant de répondre aux besoins de leur famille».

Le programme bénéficie du soutien financier de nombreux pays, dont l’Espagne qui y contribue à hauteur de 2 millions de dollars américains et le Japon à 1 million. Des pays du Sud ont aussi fait preuve d’une grande solidarité. Ainsi, le Gana et la République Démocratique du Congo (RDC) ont-ils respectivement fait don de trois millions et de 2, 5 millions de dollars américains.

Le projet est mis en œuvre par le PNUD. Il est exécuté en collaboration avec les mairies et les comités de quartiers chargés du recrutement des travailleurs. A date, les fonds collectés et les promesses de dons atteignent un montant total de 23 millions de dollars américains.

Cependant vu l’ampleur du travail à faire, le Programme des Nations Unies pour le développement estime que plus de fonds sont encore nécessaires. Car, le PNUD « ambitionne d’employer 100 000 personnes supplémentaires » peut on lire dans un communiqué. Pour cela, il compte sur la générosité des pays amis d’Haïti.

Rédaction: Martine Denis Chandler
Edition: Faustin Caille

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