A l’initiative de l’Action citoyenne pour l’abolition de la torture (ACAT), des membres du gouvernement, de la société civile et de la communauté internationale ont plaidé pour l’adhésion par Haïti à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, à l’occasion de la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture.
« Pour le gouvernement, cette Journée c’est une opportunité de réaffirmer son engagement dans la quête incessante de conditions de vie humaines et soutenables pour ses citoyens », a déclaré, lors d’une conférence organisée par l’ACAT dans la capitale haïtienne, la ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée des Droits humains et de la Lutte contre la pauvreté extrême.
Marie Carmelle Rose Anne Auguste a renouvelé la volonté exprimée par le Chef du gouvernement, à New York le 24 septembre dernier, de voir Haïti rejoindre les 153 Etats ayant déjà signé le contrat d’adhésion à la Convention. Une ratification qui devrait avoir, selon la ministre, des « retombées positives » pour le pays.
En effet, si Haïti devient un Etat-membre à la Convention, cela permettra au pays d’améliorer son cadre juridique et institutionnel, de promouvoir l’Etat de droit et aussi de permettre au gouvernement de s’acquitter de ses engagements vis-à-vis du Conseil des droits de l’homme.
Entré en vigueur en 1987, ce traité international vise notamment à « protéger l’intégrité physique et morale, ainsi que la dignité des personnes ». Et, de manière « absolue », interdit la torture, les peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Pour sa part, le Représentant adjoint du Secrétaire général de l’ONU en Haïti, Carl Alexandre, a choisi, lors de cette grande conférence contre la torture, de « réaffirmer la nécessité pour tous les gouvernements d’œuvrer en sorte que les victimes de ces abus obtiennent une pleine réparation et bénéficient d’une réadaptation complète ». « Et qu’Haïti soit le 154 e Etat- membres à ratifier la Convention », a-t-il plaidé.
Ne plus attendre
Le responsable en a profité pour renouveler l’engagement de la MINUSTAH à appuyer « techniquement » Haïti dans ses efforts d’adhésion et de mise en œuvre de la Convention. La Mission onusienne offre un appui technique à l’Etat pour l’harmonisation des textes de lois et l’établissement de mesures législatives conformes au droit international, a rappelé M. Alexandre. Elle soutient aussi logistiquement et financièrement des activités de plaidoyer réalisées par la société civile en vue de la ratification de la Convention.
Un document qui, estime le Coordonnateur général de l’Action citoyenne pour l’abolition de la torture (ACAT) permettra au pays de lutter « efficacement » contre ce phénomène qui a notamment fait des victimes pendant les périodes de troubles politiques qu’a connues la nation Caraïbe.
« Au regard de notre histoire, la torture été assez souvent un instrument utilisé par les hommes au pouvoir pour faire taire toute personne luttant en faveur d’une Haïti équitable et démocratique », a déclaré Urbens Dieuveuil dans son intervention.
Il a cependant mis en garde contre les cas de mauvais traitements qui perdurent, selon lui, notamment « dans les prisons, les commissariats ou dans les bureaux publics sous la responsabilité des agents de l’ordre ». Et fait remarquer que son organisation a, depuis sa création en 2000, recensé une centaine de cas.
Et, pour permettre au pays de «travailler vers l’abolition de la torture ou tout traitement cruel, dégradant et inhumain », il demande au gouvernement de proposer sans délai l’adhésion à la Convention, que le Parlement devra ensuite ratifier par un vote.
« Ensemble, œuvrons à débarrasser le monde de ce fléau et veillons à ce que Haïti assure réparation à ses victimes », a lancé M. Alexandre en guise de message devant une assistance composée entres autres de représentants du Sénat haïtien, de membres du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et du Corps diplomatique.
La Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture est célébrée à travers le monde les 26 juin de chaque année.
Pierre-Jérôme Richard

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